L’Artiste, fondé en février 1831 par Achille Ricourt, peut être considéré comme le journal littéraire et artistique le plus important du XIXe siècle. En feuilletant cet imposant répertoire des arts et des lettres, on y voit défiler tout ce qui fit la gloire de la France : tous les jeunes talents comprirent l’importance de l’œuvre entreprise par Ricourt et allèrent à lui : Eugène Delacroix, Alfred Johannot, Louis Boulanger, Édouard Bertin, Mérimée, Balzac, Castil Blaze, Raymond Brucker, Loëve-Weimar, Vitet, Félix Piat, Jules Janin, George Sand, etc. En même temps paraissent les "Contes" inédits d’Hoffmann, ainsi que les "Salons" de Diderot. On assiste au grand mouvement littéraire de 1830 1831 : Nouvelles de Sand, fantaisies étincelantes de verve, de finesse et d’esprit de Jules Janin, critiques littéraires de Gustave Planche, articles de Balzac, Briffaut, Chaudes-Aigues, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Léon Gozlan, Jubinal, Léon de Laborde, Eugène Sue, Edgar Quinet… Tous les talents contribuent à la renommée de L’Artiste.
Sur le plan artistique, innombrables sont les dessins, eaux-fortes, gravures de Gavarni, Adolphe, Gigoux, Aubert, Calame, Masson, Lepetit, etc. qui forment la plus brillante pléiade de graveurs de l’époque. Achille Ricourt cède alors la direction de L’Artiste à Jules Janin, dont le règne fut court mais brillant ; c’est Arsène Houssaye qui lui succède, puissamment secondé par Gérard de Nerval, Alphonse Esquiros, Théophile Gautier, Édouard Ourliac, Eugène Delacroix, Diaz, Pradon, Meissonier : période de renouveau qui divinise Vinci, Michel-Ange, Rubens, Rembrandt et qui fait apparaître les noms d’Henry Murger, Champfleury, Charles Monselet, Clément de Ris, Baudelaire, Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt, Ernest Feydeau. La mission de L’Artiste, qui était "d’être l’organe des besoins et des tendances de tous ceux qui, obscurs ou célèbres, riches ou pauvres, luttent pour la cause du beau…" fut pleinement remplie.
Il n’est que de jeter un coup d’œil sur les principales matières traitées et sur les noms des collaborateurs, artistes et écrivains, pour se rendre compte que ce journal est au centre du Romantisme français, précurseur de la célèbre "Gazette des Beaux-Arts", du "Mercure de France" ou de la "Nouvelle Revue française" : Achat de tableaux, architecture, beaux-arts, concerts, concours de peinture, contes, danses, découvertes archéologiques, dessins, expositions lithographiques, manuscrits, médailles, monuments, musées, peinture, salons, sculpture, statues, ventes de collections, voyages forment l’essentiel de la table des matières. La rubrique théâtre est spécialement riche, avec des comptes-rendus de l’activité de l’Ambigu comique, de l’Anglais, du Cirque olympique, de la Comédie française, des Folies-dramatiques, de la Gaité, du Gymnase dramatique, du Théâtre-Molière, du Théâtre nautique, des Nouveautés, de l’Odéon, de l’Opéra-comique, de l’Opéra-italien, du Palais-Royal, de la Porte-Saint-Martin, des Variétés, du Vaudeville, pour ne citer que les principaux.
Réimpression de l’édition de Paris 1842-1844
5 vol., 2 500 p., 220 ill. reliés
Availability date:
| Editeur | SLATKINE |
| Nombre de volume | 5 |
| Nombre de pages | 2500 |
| Type de reliure | relié |
| Date de publication | 19/12/2006 |
| Lieu d'édition | GENEVE |
| EAN13 | 9782051020008 |
| eEAN13 | - |