La remise en cause de l’hégémonie de la poésie sur la littérature au profit des genres de prose est l’« Evénement » du XIXe siècle. Cela explique sans doute que les principaux poètes du temps (Lamartine, Vigny, Hugo, Musset, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé) se soient aussi faits prosateurs; que tous aient réfléchi sur les possibilités nouvelles offertes par la prose dans le domaine poétique; que certains soient allés jusqu’à voir dans ce matériau l’avenir du lyrisme moderne.
Cette tension entre poésie et prose qui est la clé de beaucoup d’œuvre du temps, Gérard de Nerval ne l’ignore pas non plus. Avant Baudelaire, il l’a personnellement vécue -- sur le mode d’une chute de l’une à l’autre. Relatant l’échec d’un projet théâtral, ne commente-t-il pas, dans les Petits Châteaux de Bohême (« Second Château »): « C’est ainsi que la poésie tomba dans la prose »? Or, dans les années 1854-1855, Les Filles du Feu (prose et vers) Les Chimères (vers) et Aurélia (prose) exacerbent cette dialectique au point d’en faire la matière même de leur texte. Cependant, la « chute » dont le poète parlait dans les Petits Châteaux y est peut-être autant conjurée que mise en scène. D’où la question qui sert de fil conducteur à cette étude des trois dernières grandes œuvres de Nerval: « La poésie est-elle tombée dans la prose? ».
Availability date:
| Collection | UNICHAMP |
| Format | IN-8 |
| No dans la collection | 0058 |
| Nombre de volume | 1 |
| Nombre de pages | 196 |
| Type de reliure | BROCHÉ |
| Date de publication | 28/11/1997 |
| Lieu d'édition | PARIS |
| Indic. sur auteur original | NERVAL (GERARD DE) |
| EAN13 | 9782852037779 |
| eEAN13 | - |